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La métrologie historique

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Couverture et préface du BIB C 3797/11, Arch. dép. du Tarn

C'est depuis peu que les études de métrologie historique fleurissent, après les oeuvres pionnières de Witold Kula et de Jean Peltre (KULA 1984, PELTRE 1977), sous l'impulsion du Centre de recherche d'histoire quantitative de l'Université de Caen, animé par Bernard Garnier et Jean-Claude Hocquet.

On citera : CAHIERS DE METROLOGIEGARNIER HOCQUET WORONOFF 1989, GENESE ET DIFFUSION DU SYSTEME METRIQUE 1990, PETILLON DERVILLE GARNIER  1991, CHARBONNIER 1990.

Dans le Tarn, cette "nouvelle" métrologie a provoqué le travail remarquable de Stéphane Clerc (CLERC 1991) ; l'auteur a confronté les données des tables de conversion avec les indications des compoix eux-mêmes et celles de certaines enquêtes d'ancien régime.

Comme lui, nous avons relevé les indications fournies par les compoix dans leur préambule ou les notes annexes qui peuvent figurer, contemporaines ou postérieures, ça et là. La reconstitution du système de mesure des compoix privés d'indication explicite sur les mesures (et c'est la majorité) serait un travail très long, concevable seulement dans une perspective monographique. Il serait fastidieux, mais possible, de reconstituer par critique interne les mesures divisionnaires de la sétérée. Pour retrouver la valeur absolue de la sétérée, de la perche et de la canne utilisées, il faudrait bien sûr comparer les indications du compoix avec les contenances réelles du bâti ou du parcellaire conservé, ce qui paraît plus hasardeux, mais sans doute possible, au moins dans les agglomérations.

Vérification de l'état du diocèse de Castres, Labastide-Moulayrès en 1734 (C 1112) et Questions et réponses de la commune de Verdalle (312 EDT CC 10)

Nous avons repris les indications fournies par les expertises cadastrales (Arch. dép. du Tarn, 3 P 19 à 61. Notons que tous les cantons ne sont pas représentés) et dans les feuilles de tête des états de sections du cadastre parcellaire (beaucoup parmi les plus récents, des années 1830 et 1840 laissent ces indications en blanc). Nous avons enfin utilisé trois enquêtes administratives du XVIIIe siècle dont les résultats sont conservés aux Archives du Tarn et de l'Hérault :

- l'enquête de 1734 de la commission spéciale des Etats de Languedoc sur la situation des communautés. Le rapport sur les compoix et les mesures agraires est conservé pour les diocèses d'Albi et de Castres, et hélas disparu pour celui de Lavaur (Arch. dép. du Tarn, C 740-741 pour Albi et C 1112 pour Castres) ;

- l'enquête de 1774, suite de celle de 1734, conservée seulement pour le diocèse d'Albi aux Archives de l'Hérault (Arch. dép. de l'Hérault, 1 B 10954 et Microfilm aux Arch. du Tarn, 1 MI 178. Les diocèses également représentés pour cette enquête sont Béziers, Limoux, Montpellier, Narbonne, Nîmes, Saint-Pons, Toulouse et Viviers, sous les cotes 1 B 10954-10965) ;

- l'enquête de l'intendant de 1743 sur l'administration, la population, le commerce, l'industrie, etc., des communautés, dont on conserve la synthèse pour le diocèse de Castres (Arch. dép. de l'Hérault, C 1117. 1 volume de 182 f°  et Microfilm aux Arch. du Tarn, 1 MI 175. Cette enquête a certainement été menée dans les autres diocèses. On conserve la minute de réponse de Verdalle dans 312 EDT CC 10. Je remercie vivement les conservateurs des Archives de l'Hérault pour leur aide lors du dépouillement de ces volumes, et pour les microfilms libéralement donnés aux Archives du Tarn). On peut regretter qu'aucun rapport n'ait été conservé pour le diocèse de Lavaur.

Les données fournies sont donc valables pour le XVIIIe siècle, avec une profondeur chronologique remontant jusqu'au XVIe siècle grâce aux compoix. La période médiévale reste totalement opaque, et le sens des évolutions encore à préciser par des recherches plus approfondies.

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