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Talh et comu

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La levée de l'impôt par les communautés urbaines de Languedoc est un fait avéré pour le XIIe siècle et de nombreuses villes. A Albi, on en lève probablement pour construire la clôture de murailles établie vers 1180-1190. Là, comme à Mende, Millau, Toulouse, Montpellier, Saint-Sulpice, cet impôt prend sa dénomination de son application à la communauté (TARDE, NEIRINCK 1980 p. 55-59). On l'appelle comu ou comus au milieu du XIIIe siècle (4 EDT CC 51. - 1237 (n. st.) et 1245.). Il est levé sur tous pour le profit de tous. Le mot se trouve employé concurremment avec "taille", talh, dès le milieu du XIIIe siècle (Arch. nat., J 1032 (1255), passim.). Les deux vocables sont encore utilisés indifféremment durant le XIVe siècle, à Albi (4 EDT CC 70, déc. 1365.) et ailleurs ; ainsi dans une copie de 1352 de la charte d'Ambialet qui mentionne talhs et comus. Ensuite talh évince comu. Cette évolution indique peut-être le passage d'une contribution locale, assez volontiers consentie, à un impôt difficilement subi, parce que dévolu pour sa plus large part au trésor royal. Elle coïncide, en tout cas, avec l'institutionnalisation et l'alourdissement progressif du prélèvement monarchique à la fin du XIVe siècle.

 

La muraille d'Albi, 4 EDT EE 44

A Albi, comu, puis talh, désigne également la taxe de base exigée des contribuables. En fonction des besoins du moment, le consulat décide de lever une ou plusieurs fois cette taxe, hun talh, dos talhs, tres talhs, etc., jusqu'à quatorze talhs, en mai 1442. A ce moment, les compoix ne sont pas utilisés pour asseoir un impôt annuel régulier. Les consuls connaissent, grâce à eux, la fortune cadastrale de la communauté et le nombre des chefs de feux. Ils savent qu'une levée, un talh, fera tomber, étant donné le barême en vigueur (la taxe par livre cadastrale), tant de livres, sous et deniers, dans la caisse du trésorier communal. Ils fixent le nombre des talhs en raison des dépenses envisagées. L'impôt se caractérise alors par sa spécialité et son irrégularité (4 EDT CC 103, 104 et 105). Pour tous les problèmes concernant les impôts à Albi durant la période médiévale, il existe l'excellent travail de NEIRINCK 1969 et 1977.

Les modalités de l'assiette primitive des tailles en Languedoc échappent largement à l'historien, faute de la documentation adéquate. Ces tailles se confondaient sans doute avec des fouages ; il s'agissait probablement d'impôts levés par feu, à l'arbitraire de répartiteurs choisis à cet effet. Il n'est aucunement certain que la contribution ait varié selon les possessions et les disponibilités mobilières de chacun.

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