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Présentation matérielle

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Quoique la variété d'aspect en soit infinie, un cadastre d'Ancien Régime se présente toujours sous la forme de volume (un ou plusieurs), c'est-à-dire un certain nombre de cahiers de feuillets en papier rassemblés dans une reliure. Avant même de les ouvrir, les différences sautent aux yeux.

Des compoix très variés

Format

Le format est très divers : la hauteur peut aller de moins de 30 à plus de 50 cm, la largeur de la vingtaine à la quarantaine de centimètres ; quant à l'épaisseur, elle peut avoir 2 ou 3 cm, tout aussi bien que 20 ou 25. Comme les grands formats sont souvent en même temps les volumes les plus épais, certains de ces cadastres représentent des poids énormes. L'encombrement joint à la masse les rend très difficilement maniables. Le papier de ces livres a jauni, mais tout porte à croire qu'il n'était pas vraiment blanc. L'épaisseur des feuillets varie beaucoup, on le sent sous les doigts, aussi bien d'un compoix à l'autre qu'à l'intérieur d'un même compoix. Malgré cette irrégularité, il va de soi que l'épaisseur du volume dépend du nombre de feuillets (certains vont jusqu'à dépasser le millier), et le nombre de feuillets de l'importance du consulat : Cordes et tout son juratif, Castelnau-de-Montmiral, Paulin, les villes, ont eu besoin de plusieurs énormes volumes ; Montrosier s'est contenté d'un mince cahier. Il semble que, à partir du milieu du XVIIe siècle, il ait été obligatoire d'écrire tout le contenu du compoix sur papier timbré, donc payant. Mais le respect de cette obligation s'est généralisé avec une sage lenteur.

Reliure et état de conservation

L'aspect extérieur peut être aussi très différent. Il est facile de constater que tous les cadastres étaient reliés, soit cuir ou basane sur carton, soit parchemin avec ou sans carton, le parchemin étant souvent la réutilisation d'un texte ancien (dont il serait peut-être bon, malgré la difficulté de lecture, de vérifier la teneur et l'intérêt). Mais la différence vient surtout de l'état de conservation : depuis la fraîcheur incroyable, presque l'état neuf de certains jusqu'à la disparition totale de couverture et de reliure (et parfois d'une partie du texte) en passant par tous les degrés d'usure, de déformation, de lacération... Le bon état de quelques-uns d'entre eux s'explique par les soins reçus dès leur jeunesse ou leur maturité : deux, trois confections d'une nouvelle reliure par exemple, et parfois jusqu'au milieu du XIXe siècle, ce qui laisse supposer que les cadastres anciens rendaient encore service bien après la Révolution.

Evidemment, l'état extérieur laisse souvent présager la conservation de l'intérieur, très diverse elle aussi. Tous les genres d'atteintes sont représentés : les feuillets (ou simplement des feuillets) peuvent être jaunis, bistrés, rongés, déchirés, moisis, attaqués par l'encre, tachés... ou disparus. Mais à côté d'épaves pratiquement inexploitables, existent des textes complets et parfaitement déchiffrables. Bien sûr, on pourrait admettre que les plus anciens ont davantage de chances d'être les plus abîmés et inversement, mais c'est loin d'être une règle.

Encre

L'encre, dans la quasi-totalité des cadastres, a fort bien résisté. Le copiste la fabriquait lui-même. Nous avons des recettes de "fort bonne encre durable à l'infini". Y interviennent le vin, la noix de galle, la couperose (vitriol), la gomme arabique, l'alun, le sucre candi.

Recette pour fabriquer de l'encre, 4 EDT CC 151

Ecriture

L'écriture a suivi l'évolution que connaissent les paléographes, avec un maximum de difficulté de lecture dans les décennies qui encadrent l'an 1600. Bien sûr, la qualité et l'application du scribe ont leur importance : il y a des écritures calligraphiées, d'autres sont d'informes pattes de mouches. En général, il suffit à l'amateur de quelques notions de paléographie et d'un entraînement persévérant pour pouvoir déchiffrer le compoix qui l'intéresse. Il existe, par ailleurs, des manuels de paléographie très accessibles et des cours sont donnés dans les villes importantes (Voir les cours donnés aux AD 81).

Illustrations

Les cadastres du XVIe siècle et du tout début du XVIIe sont quelquefois illustrés par des dessins à la plume et même, rarement, en couleur. Ils ornent souvent les lettrines, et parfois forment des tableaux plus élaborés. Ils sont toujours curieux et certains fort beaux. Des thèmes reviennent fréquemment : l'homme d'armes, le poisson, les animaux fabuleux... et leur recensement, leur étude donnerait des indications sur l'imaginaire de ces époques. Mais, à mesure que l'on avance dans le XVIIe, les illustrations disparaissent. On a nettement l'impression que la mentalité évolue, que progresse l'idée que les documents officiels, administratifs, doivent exclure toute fantaisie, toute manifestation de la personnalité. Idée qui a bien fait son chemin, depuis.

 

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