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L'état civil du document

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Compoix, Lisle-sur-Tarn, 1646, 145 EDT CC 1

Compoix et brevette, comme toute autre source historique, n'ont d'intérêt et de valeur que si l'on parvient à les doter d'un état civil : date et lieu de naissance.

Le lieu est en général facile à déterminer. On ne peut échouer dans cette recherche que si le document est dans un état tel que son exploitation est pratiquement impossible ou sans intérêt. C'est à travers la toponymie du taillable que l'on peut retrouver à quelle communauté appartient un cadastre non identifié. Le problème ne se pose pas pour les cadastres recensés dans le présent ouvrage, mais un des compoix manquants peut être retrouvé par hasard et dans un état tel que le nom de la communauté soit illisible ou absent. En déchiffrant le texte, vont apparaître les noms des lieux habités à  cette époque. Malgré quelques disparitions de fermes et quelques changements de nom, le stock des lieux-dits offre une belle permanence. On s'adresse alors au Dictionnaire de Tranier (TRANIER 1862) qui a répertorié en 1862 tous les lieux habités du département. Au bout d'un certain nombre d'identifications de lieux, on a une probabilité proche de la certitude quant à la commune et à la paroisse. Si une difficulté subsiste à ce niveau-là, le dictionnaire des communes du Tarn (COMMUNES DU TARN 1990) la résoudra. 

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Pour la date, c'est tout autre chose. Une source cadastrale peut être d'accès facile et riche d'enseignements alors même qu'elle est difficilement datable. Pour que son étude ait un sens, il faut absolument procéder à sa datation, même approximative. Il est inutile d'envisager le cas où la date est inscrite dans le texte du préambule ou dans les mentions diverses qui peuvent se trouver en fin de volume. C'est heureusement assez fréquent et il ne subsiste de difficulté que de lecture.

Si tel n'est pas le cas :

 - il arrive, assez souvent, qu'une date ait été inscrite postérieurement, en première ou dernière page, ou tout banalement sur la couverture. Doit-on faire confiance ? C'est, de toute façon, une indication précieuse et on n'a aucune raison de la récuser si, faisant comme si elle n'existait pas, on poursuit la recherche et que cette date post-ajoutée satisfasse à ses résultats.

 - un paléographe tant soit peu averti est capable de donner, au seul examen de l'écriture, une fourchette de datation ; datation qui ne peut tout de même se resserrer à moins de trois ou quatre décennies.

 - si sont datées les mentions marginales du compoix ou les inscriptions de la brevette, il est évident que le document est antérieur à la plus ancienne, probablement de peu.

 - on peut tenter de l'accrocher à d'autres documents du même genre, livre de mutation ou cadastre postérieurs, datés ou plus facilement datables, qui fassent référence, d'une manière ou d'une autre, au document d'âge inconnu.

 - plus aléatoire, surtout si le document est ancien, le recours aux enquêtes sur les archives des communautés, en particulier celles de 1734 et de 1774. Il s'agit d'enquêtes sur la situation des communautés et sur les compoix, réalisée par une commission spéciale des Etats. Pour celle de 1734, les Archives du Tarn possèdent les rapports sur les diocèses d'Albi (C 740 et 741) et de Castres (C 1112). Pour 1774, seul le diocèse d'Albi est conservé aux Archives de l'Hérault (1 B 10954, microfilm aux Arch. dép. du Tarn, 1 MI 178). En fin de course, à défaut de date exacte, on devra se satisfaire d'une approximation raisonnable ; le document n'en sera pas condamné pour autant.

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