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Langue et onomastique

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Le cathastre d'Albi en langue d'oc, 1525-1526, 4 EDT CC 13

Les cadastres de l'Albigeois médiéval fournissent en premier lieu un matériel intéressant aux linguistes, dans la mesure où ils usent tous de la langue d'oc. Ils permettent ainsi d'étudier l'évolution et les variations de celle-ci dans le temps et l'espace (NEGRE 1962).

Ils comportent l'énumération de noms de lieux, en grande quantité. Ils forment donc une base pour des recherches sur la toponymie. Le "Livre de l'Arc" de Rabastens (vers 1375-1380), publié par le chanoine Nègre (A.C. Rabastens, CC 1. Voir NEGRE 1962).lui a procuré de nombreux éléments pour sa thèse, consacrée aux noms de lieux du canton rabastinois (NEGRE 1959). En ce qui concerne Albi et son territoire, le stock de toponymes du XXe siècle paraît l'héritier direct de celui du XIVe (SARRASY 1860-1862). L'auteur de cet ouvrage était contrôleur des contributions. Son livre donne plus que le titre ne promet. Il demeure un peu disparate, cependant, et consiste avant tout dans l'identification des lieux-dits anciens d'Albi et de sa banlieue (sa dex). Il ignore les aspects techniques des compoix, nonobstant la profession d'Isidore Sarrasy. Leurs enseignements démographiques et sociaux ne sont pas davantage esquissés, mais il faut tenir compte de la date de parution de l'étude, qui demeure une mine de renseignements utiles. Il s'est donc fixé très tôt.

On peut étudier les noms de lieux du simple point de vue de leur origine et en identifier les différentes strates chronologiques. Nous pouvons également tenter de saisir à travers eux comment les hommes appréhendent et structurent leur espace quotidien. De ce point de vue, les noms de rues, de places et de quartiers ne sont pas moins indicatifs que les toponymes du plat pays.

Les compoix permettent aussi l'étude de l'anthroponymie. Le chanoine Nègre a exploité le premier cadastre de Rabastens à cette fin (NEGRE 1956). L'analyse des rôles de taille de Castres pour la fin du XIVe siècle dans la même perspective, a livré des résultats intéressants (HUE 1955 et HUE 1955 BIS). Les cadastres procurent encore des séries de noms de baptême aussi riches d'enseignements que celles des patronymes (Compoix d'Albi utilisés de ce point de vue dans BIGET 1982).

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