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Conclusion

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Lettrine du compoix de Brousse, 40 EDT CC 2, 1598

Les compoix, registres fiscaux, ne recensent que des unités fiscales et donnent seulement la valeur fiscale des biens enregistrés. Pour en tirer des enseignements certains, il est indispensable de savoir dans quelles conditions ils ont été élaborés et de quelle manière on les a utilisés. Leur analyse procure souvent des clés pour leur compréhension.

Quand ce n'est pas le cas, le recours à la méthode comparative et l'examen d'autres compoix peuvent fournir des solutions. Un inventaire systématique se révèle à cette fin particulièrement fécond. Il rend plus aisé l'écriture du chapitre d'histoire fiscale illustré par les cadastres médiévaux et modernes. Ceux-ci s'avèrent d'autant plus "parlants" qu'ils peuvent être mis en parallèle avec une documentation complémentaire abondante : rôles de levée de tailles, accensements, comptes et délibérations communaux, registres notariaux.

Ces sources apportent des renseignements sur l'établissement des compoix eux-mêmes, comme sur la profession et le statut des contribuables répertoriés. Elles présentent en outre l'avantage de permettre de vérifier le rapport des cadastres à la réalité, quant au recensement des personnes, à la valeur des biens et à l'ampleur des fortunes. Indépendamment de cette information supplémentaire et malgré leurs lacunes matérielles (folios déchirés ou abîmés), en dépit de leur caractère partiel tenant à leur finalité et à leurs modalités d'élaboration, les cadastres offrent des informations capitales sur l'économie, la population et la société des pays albigeois, comme sur leur cadre de vie et l'espace qu'elles occupent et modèlent. On y trouve des données d'ordre culturel et topographique, des informations sur la propriété et ses composantes, et même éventuellement sur la distribution de la fortune immobilière en fonction de la profession ou de l'état des contribuables. On y trouve même des renseignements sur la structure de la population et celle des familles. On peut en déduire l'impact des épidémies. Et si l'on dispose d'une série de compoix, elle permet de connaître l'évolution du paysage, des cultures et de la conjoncture agricole, le mouvement démographique et la mobilité sociale.

On mesure ainsi toute l'importance des cadastres anciens comme source de l'histoire et l'utilité pour les historiens de disposer d'inventaires commodes et exhaustifs qui en rendent l'accès immédiat. Il faut louer et remercier toute l'équipe responsable de l'élaboration du répertoire des compoix du Tarn antérieurs à la Révolution. Cet instrument de travail ouvre la voie d'une recherche plus efficace ; favorisant le progrès de la connaissance du passé régional, il sert le développement de l'histoire générale.

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